Météo et pollinoses
Michel Thibaudon
Directeur du Réseau National de Surveillance Aérobiologique

La pollinose (ou rhume des foins) est à l'origine de près de 20% des pathologies allergiques en France, provoquant rhinites, conjonctivites, toux, asthme et eczéma. Les conditions météorologiques ont une influence à court terme sur l'évolution de ces pollinoses car elles agissent à la fois sur la production et la dispersion des grains de pollens.
Sur une plus grande échelle de temps, les changements climatiques ont une influence sur la phénologie telle que l'évolution des dates de démarrage et la durée de pollinisation.

Pour suivre ces évolutions, le RNSA (Réseau National de Surveillance Aérobiologique) dispose d'un réseau de botanistes qui effectue des observations phénologiques tout au long de l'année. Ces informations sont transmises au RNSA chaque semaine par l'intermédiaire d'un bulletin phénologique.
Le RNSA dispose également d'un réseau de 70 capteurs de pollen, répartis sur tout le territoire métropolitain. Ces capteurs permettent de suivre l'évolution des données métrologiques " pollens ", et de connaître à tout moment les éventuels nuages polliniques qui seront responsables de la survenue des symptômes. Les méthodes d'analyse sont standardisées : la bande est découpée en tranches journalières puis montée sur des lames avec un colorant, permettant ainsi d'identifier les grains par microscopie optique et de mesurer des concentrations journalières en pollens (grains/m3/jour).

L'analyse des données de ces 20 dernières années montre que le pollen peut-être considéré comme un " marqueur du changement climatique ", les effets du changement climatique étant visibles sur les dates de démarrage de pollinisation, la durée de pollinisation et le nombre de jours à risque allergique significatifs. Pour la date de démarrage de pollinisation de certains arbres, elle avait tendance à être de plus en plus précoce depuis 20 ans jusqu'en 2003 mais suite aux conditions météorologiques particulières des derniers hivers, l'évolution aurait tendance à s'inverser. Concernant la durée de pollinisation et le nombre de jours à risque allergique significatifs, ils sont en constante augmentation depuis une vingtaine d'années.