Impact des vagues de chaleur sur les différentes causes de mortalité
Grégoire Rey
INSERM, CépiDc

L'objectif de cette étude est d'identifier les principales vagues de chaleur ayant eu lieu en France de 1971 à 2003 et de décrire leur impact par cause médicale de décès.
Une vague de chaleur a été définie comme une période d'au moins 3 jours consécutifs pendant lesquels les températures minimales et maximales ont simultanément dépassé leurs 95ème percentiles respectifs calculés sur les mois de juin à septembre de 1971 à 2003 : 17,3°C et 30,0°C.

La mortalité observée pendant ces périodes (O) a été comparée à une mortalité attendue (E) calculée sur la base de la mortalité observée pendant une période constituée des trois années précédant chaque vague de chaleur.
Pour être comparable entre les différentes révisions de la Classification Internationale des Maladies (8ème (1971-1978), 9ème (1979-1999) et 10ème (2000-2003)), les causes de décès ont été regroupées en 17 catégories agrégées par Eurostat. Une 18ème catégorie, "Causes Liées à la Chaleur" (CLC), regroupant les causes "directement" liées à la chaleur (déshydratation, hyperthermie et coup de chaleur) a été constituée pour cette étude spécifique.

Six vagues de chaleur ont été identifiées entre 1971 et 2003, en 1975, 1976, 1983, 1990 et 2003, toutes associées à un excès significatif de mortalité.
Pour toutes les vagues de chaleur, un excès de mortalité (O-E) apparaît pour la quasi-totalité des causes de décès.

Les CLC sont rares en mortalité attendue. Pour toutes les vagues de chaleur, à l'exception de celle de 1975, la proportion des CLC en tant que cause initiale dans l'excès de décès global est supérieure à 4%. Elle est particulièrement élevée en 2003 (21%).
Les maladies cardiovasculaires, respiratoires, cancers, morts violentes et états morbides mal définis constituent une part importante de l'excès de mortalité toutes causes pour les six vagues de chaleur.
Les ratios de mortalité (O/E) des CLC sont les plus élevés quelles que soient les vagues de chaleur.

Pour les autres causes de décès considérées en cause initiale, les ratios de mortalité les plus élevés pendant les six vagues de chaleur concernent les maladies de l'appareil respiratoire, les maladies du système nerveux et les troubles mentaux, les maladies infectieuses et les maladies endocriniennes et nutritionnelles.
D'autres causes ont des ratios de mortalité plus faibles. C'est le cas pour les états morbides mal définis (sauf en 2001), les maladies de l'appareil génito-urinaire (sauf en 1990), les morts violentes, les maladies cardiovasculaires et les cancers.
Pour toutes les causes de décès, les ratios de surmortalité relatifs sont du même ordre quelle que soit la vague de chaleur.
Si les causes liées à la chaleur sont les causes médicales dont l'augmentation relative est la plus importante pendant les vagues de chaleur, elles ne constituent qu'une fraction très limitée du total de l'excès absolu de mortalité.
La description des ratios de surmortalité les plus élevés par cause initiale, à l'exception des CLC, aide à identifier les pathologies chroniques constituant des facteurs de vulnérabilité pendant une vague de chaleur.